Les autres causes du déclin

    hopital-presse-1.pngInternet prend une place très importante dans la concurrence de la presse écrite, mais ne semble pas être la seule cause de sa chute.

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En quelques années, la presse d'information a connu un changement radical, dans une situation de crise économique, où le prix des choses est devenu une préoccupation croissante.

Internet est une des causes principales qui a provoqué le déclin de la presse écrite, mais il ne faut pas oublier que la télévision (le Journal de 13H et 20H, chaînes spécialisées d'information...) et la radio (France Info...) y ont largement contribué aussi. Ces nouveautés ont créé la curiosité et l'intérêt de la population, et ont fait perdre des lecteurs à la presse écrite.

13564620-d-39-orientation-pour-les-medias-internet-affiche-journaux-magazines-et-la-radio-television-1.jpgLa presse quotidienne gratuite a su conquérir une certaine partie de la population, en ajoutant ceux qui ne lisaient pas la presse auparavant. Ce succès repose en partie sur la gratuité  mais également sur son mode de diffusion ainsi que sa présentation synthétique et sur son degré d’interactivité avec les lecteurs.   

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En France, l'apparition des premiers hebdomadaires non-payants dans le métro Parisien donnait l'accès à l'information gratuitement. Malgré l'opposition du syndicat du livre, plusieurs quotidiens gratuits sont apparus successivement au cours du premier trimestre de 2002 tel que : Métro, 20 minutes ou encore Marseille plus. D'ailleurs, 20 minutes confirme ce phénomène avec sa place de premier quotidien de France en audience. En effet, ce petit journal compte déjà plus de 2 millions de lecteurs par jour en moyenne ; loin devant Le Parisien (1,7 millions) Cette ascension des gratuits a permis une hausse de 66% des ventes du journal 20 minutes par rapport à 2004, et de 99% concernant Métro !

Le nombre d'exemplaires gratuits distribué par an a plus que doublé pour atteindre 523 millions d’exemplaires entre 2003 et 2007.Bien que les gratuits fasse de l'ombre à la presse écrite, ce ne sont pas les seuls responsables.

Depuis quelques années, effectivement, le coût du papier et les frais de distribution ne cessent d'augmenter. Cela correspond aujourd'hui, en France, à plus de 40% du prix moyen du numéro. C'est le taux le plus élevé d'Europe avec la Suisse (45%) selon l'Association Mondiale des Journaux (WAN).

Enfin, la crise de la presse écrite n'est qu'un cercle vicieux, dont-elle ne pourra sans doute pas ressortir indemne : la perte d'audience,  principalement causée par internet, a entraîné une baisse d'attractivité des annonceurs publicitaires qui n'osent plus investir dans le support papier. Ils lui préfèrent la télévision, la radio et internet. La publicité représente 40% du budget d'un journal, alors lorsque cette part d'investissement n'est plus présente, un déficit se creuse inévitablement. La recette effectuée grâce à la pub, dans les journaux a subi une baisse d'environ 44,5%, en passant de 672 à 373 millions d'euros entre 2008 et 2009 selon le Knight Digital Media Center.

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25389-1.png Une étude réalisée par l'institut Américain Veronis Suhler Stevenson avait prévu que le budget américain de la publicité sur Internet s’élèvera en 2011 à 45 milliards d'euros, dépassant très largement celui de la presse écrite. Par la suite, la perte financière provoquée par la désertion des annonceurs cause un manque de moyens pour reconquérir les parts de marchés perdues. Les journaux perdent de leur crédibilité, les annonceurs investissent de moins en moins, donc le déficit se creuse ; et ainsi se forme un cercle vicieux...

La crise économique n'arrange rien à tout cela : les ménages réduisent leurs dépenses de presse et préfèrent investir dans d'autres priorités, plutôt que dans les journaux. La chute de la vente d'exemplaires (qui  correspond à environ 60% des recettes de la presse) la prive donc de sa principale source de revenus.

Le graphique ci-après montre la diminution de la part budgétaire des ménages consacrée à la presse écrite (et aux livres) d'un tiers depuis 1970 avec une baisse plus radicale à partir de 1990.graphique2-1.jpg

Souce de l'INSEE-2009

En 2006, ils consacraient moins de 1% de leur budget à l'achat de journaux et 0,5% à l’achat de magazines.
Par conséquent, le secteur de la presse connaît lui aussi un taux croissant de chômage, plus particulièrement les journalistes qui font partie des classes les plus touchées. Il y a de moins en moins d'emplois dans ce secteur.

 Esans-titre-1.jpgn outre, les mentalités changent. Les jeunes lisent de moins en moins la presse. Seule la génération d'après guerre semble vraiment assidue et attachée à cette presse écrite. D'après l'étude que nous avons réalisée, on observe  qu'environ 50 % des jeunes ne lisent pas la presse papier qu'achètent leurs parents. De plus, nous constatons que plus de la moitié privilégie le support numérique au support papier.

Souce de l'INSEE-2009

Cette tendance se confirme avec ce graphique montrant la part budgétaire allouée par les ménages pour l'achat de  presse selon leur année de naissance. Et nous pouvons confirmer que plus la personne est née tard (c'est-à-dire il y a quelques années), moins sa part budgétaire concernant la presse écrite est importante.

Avec tous ces obstacles qui empêchent la presse écrite de rayonner comme en 1914, y a t-il un équilibre possible entre les différents modes de diffusion de l'information, ou bien est-elle amenée à disparaître ?

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