Presse française

Chaque jour, 35 millions de Français lisent la presse écrite. Elle contribue à l’information des citoyens de manière primordiale ainsi qu’à la diffusion d’opinions et de nouvelles idées. Sa lecture en est devenue une habitude. Mais quelle histoire la presse écrite dissimule-t-elle pour en être arrivée là ? D’où vient son germe et quelles épreuves a-t-elle subie ?

Dès le XVème siècle se multiplient les « occasionnels », pièces d’actualité de large diffusion sous forme de bulletins d’information, de brochures, de placards. Ils annoncent les grands événements comme les faits divers, avec un goût pour l’extraordinaire.

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 En 1631, le premier périodique (hebdomadaire) français, La Gazette, fut créé par Théophraste Renaudot.  Un prix littéraire, le prix Renaudot, fondé en 1925, perpétue la mémoire du fondateur de la presse française. La Gazette est ainsi le premier vrai journal français. Pendant cette période, très encadrée par le pouvoir royal, la presse se développe lentement dans les sociétés de cour. Elle connaît avec « les Lumières » en 1777 un premier essor, marqué par le Journal de Paris qui fut le premier quotidien français. Ce journal traite principalement d’évènement culturels et de faits divers. Il suit régulièrement les évènements de la Révolution, remportant un important succès auprès de la population parisienne.

 Suite à cette révolution et grâce à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, la presse devient libre entre 1789 et 1792. En 1791, les journaux de toutes tendances prolifèrent, et l’audience s’accroit. Cependant, sous le Directoire de l’Empire, la censure apparait de plus en plus. Durant cette période, de nombreux journaux autorisés s’effondrent sous la terreur.

 La presse périodique illustrée est née en France sous la monarchie de Juillet à l’imitation des « magazines » anglais. Les « magazines », publiés à un prix modéré comblent un vide éditorial et connaissent un succès immédiat et durable.le-petit-journal-bazar-de-la-charite-1.jpg

  La période allant de la monarchie de Juillet (1830-1848) jusqu’à 1914 fut la « Civilisation du journal ». C’est au cours du XIXème siècle que la presse se développe en France, devenant ainsi un canal d’information de masse. Ce siècle est sans conteste l’âge d’or de la presse écrite. Diverses innovations industrielles et économiques telles les rotatives ou la linotypie font du journal vers 1900 un produit rentable et de bonne facture. Si l’invention de la typographie de Gutenberg a permis d’éditer des imprimés un peu partout en Europe occidentale, il fallut attendre la Révolution industrielle et les progrès de l'instruction pour que la presse écrite se développe. Mais c’est le 29 Juillet 1881 que les médias deviennent réellement libres, ce qui permet aux journaux d’acquérir une place dominante dans Paris. Le journal s’adresse aussitôt à toutes les classes sociales, et propose ainsi des jeux ou feuilletons. La presse est devenue ce « quatrième pouvoir » redouté des politiques.

La presse française était la première au monde en 1914, avec une distribution de 250 exemplaires pour 1000 habitants. C’est pendant cette époque que la presse écrite est à son apogée, après la première guerre mondiale, les journaux ne connaîtront plus jamais le même niveau de diffusion et d’efficacité.

La guerre de 1914-1918 marque une première interruption. La presse doit faire face à de nombreuses et différentes difficultés : insuffisance de main-d’œuvre, pénuries de papier, le ministère de la Guerre contrôle les titres, les photographes n’ont pas accès au front…
Cette censure se double d’une participation de la presse à la propagande, qui défavorise ainsi la profession. La presse voit donc dans l’entre-guerre, stagner sa diffusion, et baisser le nombre de ses titres. Le public se détourne des journaux jugés pro-allemands. Il manifeste son intérêt pour toute information non officielle, faisant ainsi le succès de la presse résistante, pourtant illégale : Défense de la France, Combat ou Libération, lus par plusieurs centaines de milliers de personne en 1944. La presse doit son salut après-guerre aux titres de ces journaux illégaux portant une exigence de rupture et de renouveau.

geneve-396-1-1.jpg  A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, les journaux occupaient donc une position dominante ; malheureusement elle fut bouleversée par l’apparition de nouveaux médias, tels que la radio et la télévision. La presse obtient une garantie d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs. Les conflits de l’époque amènent un succès fou aux journaux. Par exemple, concernant les incidents en Indochine ou bien en Algérie, l'Express, France Observateur ou Témoignage chrétien font de ces évènements leurs gros titres. Parallèlement à la presse d’information se développe une presse spécialisée illustrée.

 Malgré cela, la presse écrite ne peut empêcher la crise : entre 1970 et 1990, le nombre de lecteurs de la presse quotidienne a diminué de moitié. Les quotidiens nationaux ont été le plus touchés, de grands titres ont disparu, comme Combat. Le nombre des quotidiens français est passé de 203 à 69 !index-1-1.jpg

 La fin du XXème siècle n’améliore pas la situation de  la presse généraliste qui s’installe petit à petit sur le Web, en profitant de ses avantages : facilité d’accès, la gratuité, plus d’illustrations, articles moins longs… Les jeunes, génération née dans les nouvelles technologies, sont de moins en moins concernés par la presse écrite : un sur cinq (soit 20%) parmi les 15-24 ans   lisent, contre 36% en 1973.


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 L’apparition des journaux « gratuits » en 2002, comme Métro ou 20 Minutes, accentue la diminution de l’audience pour les journaux payants. Avec 155 quotidiens diffusés pour 1000 habitants en 2007, la France arrive en 58ème position dans le monde ; ce qui fait une nette et importante  différence par rapport à 1914.

La presse quotidienne nationale payante est lue par un Français sur six, les hommes (21,4%) étaient presque deux fois plus nombreux que les femmes (12,1%) en 2006. Concernant les magazines, 46,6 millions de Français lisent au moins un magazine au cours de sa parution, soit 97% de la population française de plus de 15 ans. Sa diffusion a progressé de 60% en 20 ans.

 

        Voici le top 10 des journaux quotidiens français les plus lus par les 15 ans et + :

 

1er : 20 Minutes : 2 759 000 lecteurs

2ème : Metro : 2 401 000 lecteurs

3ème : L’Equipe : 2 347 00O lecters

4ème : Le Parisien / Aujourd’hui en France : 2 206 000 lecteurs

5ème : Le Monde : 1 823 000 lecteurs

6ème : Direct Matin : 1 807 000 lecteurs

7ème : Le Figaro : 1 220 000 lecteurs

8ème : Libération : 754 000 lecteurs

9ème : Les Echos : 609 000 lecteurs

10ème : La Croix : 476 000 lecteurs

 

 D’après l’étude EPIQ Audipress TNS SOFRES – 04/2011

Au total, la presse écrite a perdu 15 % de sa diffusion depuis 2001. Et pour cause, en 2006, la somme totale des ventes du Monde (125 000), du Figaro (140 000), de Libération (75 000) et même du Parisien (90 000) équivalait à celle de France-Soir en 1981 (430 000 exemplaires) !

Mais afin d’enrayer ce mouvement, beaucoup de journaux développent des suppléments, tels que Figaro magazine, Le Monde 2, etc., se concentrant sur des sujets de société ou de loisirs.

Tandis que la presse écrite tente de trouver des solutions à son déclin, certaines agences de presse développent des journaux en ligne couv-xxi-0-1.jpgqui n’existent que sur Internet, comme Rue 89 ou alors Bakchich. D'autres éditeurs évoluent avec de nouveaux concepts de publications tel que les reportages (XXI, Le Tigre…) ou alors la photographie (Polka) afin de donner une approche différente de l’information, sous de nouvelles formes et conquérir le public actuel.


 

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